La littérature émiratie

La littérature émiratie repose sur une longue tradition orale et poétique, à laquelle se sont ajoutés depuis les années 1970 le roman, la nouvelle et l'essai. Les pouvoirs publics soutiennent l'édition par un réseau de prix, de foires et de programmes de traduction.

Poésie nabati

La poésie nabati, composée en dialecte bédouin plutôt qu'en arabe classique, constitue le socle de l'expression littéraire dans la péninsule. Elle se déclame en public, se chante et se transmet oralement. L'UNESCO a inscrit en 2012 l'al-taghrouda, poésie chantée des Bédouins des Emirats et d'Oman, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel. Le concours télévisé Poète du million, produit à Abou Dabi depuis 2007, a donné une audience régionale à ce répertoire.

Cheikh Zayed poète

Le fondateur de la fédération pratiquait lui-même la poésie nabati et plusieurs de ses compositions circulent encore. Cette proximité entre le pouvoir et la poésie explique en partie la place accordée aux lettres dans les politiques culturelles du pays.

Nouvelle et roman

Rachid Abdallah al-Noaïmi publie en 1971 ce que la critique considère comme le premier roman émirati, et Abdallah Saqr fait paraître un premier recueil de nouvelles en 1974. Mohammed al-Murr s'impose ensuite comme le nouvelliste le plus traduit du pays, avec des récits consacrés à la société urbaine de Doubaï. Ali Abou al-Rich compte parmi les romanciers les plus reconnus de sa génération.

Romancières émiraties

Les femmes occupent une place notable dans la production actuelle. Salha Ghabech, Nadia al-Najjar, Lolowa al-Mansouri ou Maryam Jumaa Farag publient nouvelles et romans. Reem al-Kamali a figuré en 2022 dans la liste finale du prix international de la fiction arabe pour son roman Journal de Rose.

Prix littéraires

Le prix Cheikh Zayed du livre, créé à Abou Dabi en 2006, récompense chaque année auteurs, traducteurs et éditeurs du monde arabe dans plusieurs catégories. Le prix international de la fiction arabe, lancé en 2007 avec un soutien émirati, distingue le meilleur roman en langue arabe et finance la traduction du lauréat.

Foire du livre de Charjah

La foire internationale du livre de Charjah se tient chaque automne depuis 1982 et figure parmi les plus fréquentées du monde arabe. Charjah a reçu de l'UNESCO le titre de capitale mondiale du livre en 2019. La foire du livre d'Abou Dabi, organisée au printemps, complète ce calendrier.

Traduction et édition

Le programme Kalima, lancé à Abou Dabi en 2007, finance la traduction d'ouvrages étrangers vers l'arabe. Des maisons d'édition émiraties apparaissent à partir de 2003 et une zone franche consacrée à l'édition ouvre à Charjah, ce qui structure peu à peu un marché encore étroit.