La société émiratie combine un socle tribal et religieux ancien avec une population majoritairement étrangère et très diverse. Cette double réalité structure les valeurs affichées par les institutions comme les comportements quotidiens.
La famille élargie demeure l'unité de référence et le lien tribal continue d'organiser les solidarités, les alliances matrimoniales et une partie de la vie politique locale. Le respect des aînés, la loyauté au groupe et la préservation de la réputation familiale gardent une valeur forte. Le majlis, espace de réception et de discussion, figure depuis 2015 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
L'islam constitue la religion d'Etat et la majorité des Emiriens suivent le sunnisme de rite malékite, avec une minorité chiite. Les cinq prières rythment la journée, l'appel du muezzin ponctue l'espace public et le vendredi conserve son caractère de jour de prière collective. Le droit de la famille applique des règles inspirées du droit musulman aux citoyens.
Les autorités ont fait de la tolérance un axe de communication, avec un ministère dédié créé en 2016 et une année de la tolérance en 2019. Des églises, des temples hindous et sikhs et une synagogue fonctionnent dans le pays. La Maison de la famille abrahamique, ouverte à Abou Dabi en 2023, réunit une mosquée, une église et une synagogue sur un même site.
Les Emiriennes forment la majorité des diplômés de l'enseignement supérieur national et occupent des fonctions ministérielles, diplomatiques et judiciaires. Une loi de 2019 a porté à 50 % la part des femmes au Conseil national fédéral. Les normes familiales conservent malgré tout un poids important dans les trajectoires individuelles.
Les étrangers représentent environ 88 % des résidents, sur une population de 11,3 millions d'habitants en 2024. Les ressortissants indiens, pakistanais, bangladais, égyptiens et philippins forment les groupes les plus nombreux. Cette composition produit une cohabitation ordonnée plutôt qu'un métissage social, chaque communauté conservant largement ses réseaux.
Le travail se conçoit comme un vecteur de mobilité et le pays attire par l'absence d'impôt sur le revenu. Le séjour reste toutefois lié au permis de travail pour la plupart des étrangers, même si des visas de long séjour ont été créés à partir de 2019 pour les investisseurs, les chercheurs et les talents.