Libertés publiques aux Emirats arabes unis

Les Emirats arabes unis garantissent dans leur Constitution un ensemble de libertés dont l'exercice se trouve encadré par une législation restrictive et par la pratique des autorités. Les organisations internationales de défense des droits humains font pour leur part état de limitations importantes concernant l'expression, l'association et la situation des travailleurs étrangers. Plusieurs réformes intervenues depuis 2020 ont modifié le droit pénal et le droit de la famille.

Cadre légal de l'expression

La Constitution reconnaît la liberté d'opinion et d'expression dans les limites fixées par la loi. Le code pénal réprime l'atteinte aux dirigeants, à l'Etat et à ses symboles, ainsi que les propos susceptibles de nuire aux relations diplomatiques du pays. Human Rights Watch et Amnesty International estiment que ces dispositions servent à poursuivre des critiques pacifiques du pouvoir.

Presse et médias

La plupart des organes de presse appartiennent à des groupes proches des autorités ou des familles régnantes. Une loi fédérale sur les publications, remplacée en 2023 par un nouveau texte sur les activités médiatiques, encadre les autorisations, les contenus et les sanctions. Reporters sans frontières classe le pays au 164e rang sur 180 dans son édition 2025 et décrit un environnement marqué par la surveillance en ligne et par l'autocensure.

Cybercriminalité et société civile

La législation sur la cybercriminalité, refondue en 2021, punit la diffusion en ligne d'informations jugées fausses ou de nature à porter atteinte à l'ordre public et à la réputation de l'Etat. Les associations relèvent d'un régime d'autorisation qui exclut de fait les organisations de défense des droits humains indépendantes. Le militant Ahmed Mansour, arrêté en 2017, purge une peine de 10 ans de prison, situation régulièrement dénoncée par des experts des Nations unies et par plusieurs organisations non gouvernementales.

Travailleurs migrants et parrainage

Le séjour et l'emploi des étrangers reposent sur un parrainage par l'employeur, héritage du système de la kafala. La loi fédérale sur les relations de travail appliquée depuis février 2022 a introduit des contrats à durée déterminée renouvelables, des congés spécifiques et des procédures simplifiées de changement d'employeur. Les employés de maison relèvent d'un texte distinct et bénéficient de protections moindres. La Confédération syndicale internationale et Human Rights Watch jugent ces réformes insuffisantes et rappellent l'interdiction des syndicats et de la grève.

Religion et droit de la famille

L'islam est religion d'Etat et le culte non musulman s'exerce dans des lieux autorisés, sans reconnaissance d'un droit de prosélytisme. Abou Dabi a adopté en 2021 une loi sur le statut personnel des non-musulmans instaurant un mariage civil, un divorce sans faute et des règles successorales distinctes du droit musulman, dispositif étendu ensuite à l'échelon fédéral. Les réformes de 2020 ont par ailleurs supprimé les sanctions applicables à la cohabitation hors mariage et à la consommation d'alcool par les non-musulmans. Amnesty International relève que la tutelle masculine en matière de mariage et les inégalités en matière de divorce subsistent pour les musulmanes.