Scène politique aux Emirats arabes unis

La vie politique émiratie se déroule en dehors du cadre partisan et électoral qui prévaut dans la plupart des Etats. Les décisions relèvent des familles régnantes des sept émirats et des cercles administratifs qui les entourent. Une participation citoyenne encadrée s'est développée depuis 2006 autour du Conseil national fédéral et de dispositifs de consultation. Les observateurs extérieurs décrivent un système où la représentation demeure limitée et où le débat public reste étroitement contrôlé.

Absence de partis politiques

Aucune formation politique n'est autorisée à se constituer ni à présenter des candidats. Les candidatures au Conseil national fédéral se font à titre individuel, sans programme partisan. L'association Al Islah, d'inspiration islamiste et proche des Frères musulmans, a été démantelée à partir de 2011 puis classée parmi les organisations terroristes par les autorités en 2014. Le procès collectif de 2013, connu sous le nom d'affaire des 94, a débouché sur des dizaines de condamnations à des peines de prison, dénoncées par Amnesty International et Human Rights Watch.

Rôle des familles régnantes

Chaque émirat est dirigé par une dynastie, les Al Nahyane à Abou Dabi et les Al Maktoum à Dubaï occupant les positions les plus influentes. La succession se règle au sein de la famille, un prince héritier étant désigné puis confirmé par les instances locales. Cheikh Khaled ben Mohammed Al Nahyane a ainsi été nommé prince héritier d'Abou Dabi en mars 2023. Les principales fonctions fédérales, économiques et sécuritaires sont réparties entre les membres de ces familles et entre les grandes familles marchandes alliées.

Scrutins du Conseil national fédéral

Les premières élections partielles se sont tenues en 2006, avec un collège électoral de moins de 7 000 personnes. Ce corps électoral a été progressivement élargi, atteignant environ 338 000 électeurs en 2019 puis près de 399 000 en 2023. Le scrutin du 7 octobre 2023 a enregistré une participation de 44 %, contre environ 35 % quatre ans plus tôt. Les modalités de sélection des membres du collège restent opaques, comme l'ont relevé plusieurs agences de presse internationales.

Participation citoyenne et majlis

Le majlis, assemblée ouverte tenue par un souverain, un cheikh ou un notable, demeure un canal traditionnel par lequel les citoyens formulent des demandes et des doléances. Les autorités ont complété ce dispositif par des plateformes numériques de consultation et par des conseils consultatifs locaux dans plusieurs émirats. Ces mécanismes portent principalement sur les services publics, l'urbanisme et l'emploi plutôt que sur les orientations politiques générales.

Evolutions institutionnelles

Le quota de 50 % de femmes au Conseil national fédéral, appliqué depuis 2019, place les Emirats parmi les Etats où la proportion de parlementaires femmes est la plus élevée, situation que relève l'Union interparlementaire dans ses statistiques. Une réorganisation gouvernementale engagée à partir de 2020 a réduit le nombre de ministères et créé des postes tournés vers l'intelligence artificielle, l'économie numérique et la prospective. Le prochain renouvellement du Conseil national fédéral est attendu en 2027.